Africa Simply The Best, voici le palmarès 2023  !

Africa Simply The Best, voici le palmarès 2023 !

Du 16 au 19 décembre s’est tenue la 5ème édition de « Africa Simply The Best  » à Bobo Dioulasso. Initié par le chorégraphe Serge Aimé Coulibaly, ce concours de danse est devenu incontournable pour les jeunes chorégraphes africains depuis 2015. Ils y participent avec leurs solos uniques, dans l’espoir de décrocher le Graal : un prix qui ouvre les portes de l’internationale grâce à un accompagnement pour la construction d’une tournée.

Pour l’édition 2023, 14 artistes venant de 11 pays ont été sélectionnés pour la phase finale à Bobo-Dioulasso :

▪ Kaboré Kevin Charlemangne, Effet Miroir, Burkina Faso

▪Kaboré Wendinmi Jerôme, Les ombres qui chantent, Burkina

▪Zoundi B. Abdoul Aziz, Chute Perpétuelle, Burkina Faso

▪Fall Kadher Rashad Bechir, Wolwou’goh, Cameroun

▪Moussi Simon Brice, All one, Cameroun

▪N’da Eloi Hortense, Le palmier, Côte D’Ivoire

▪Amany Atef, Bluebottle, Égypte

▪Tiemanta Kadidja, Banbali 100 fin, Mali

▪Nhápulo Mai-Júli Machado, Sinais particulares, Mozambique

▪Olukitibi Oluwabukunmi, ÌRíRì, Nigéria

▪Lou Djehinan Véronique, Voix d’elle, Niger

▪Tebandeke Joseph, Time Machine, Ouganda

▪Sarr Roger, Au-delà d’une apparence, Sénégal

▪Afiadegnigban Koffi-Kégou, La quatrième, Togo

Le Palmares de l’édition 2023

Au terme de cette compétition, le jury a désigné les 3 lauréats du trophée Acogny :

Trois prix spéciaux ont été attribué à

Retour sur les solos qui était en compétition cette année à travers leurs présentations

« Les Ombres qui chantent » par Jérôme Kaboré du Burkina Faso

  • Durée : 35 minutes
  • Années : 2021-2022

« Les Ombres qui chantent » est un solo chorégraphié et interprété par Jérôme Kaboré du Burkina Faso, de la Compagnie WENDINMI, sous la direction artistique d’Olivier Mansard. Il s’agit d’une réflexion profonde sur l’héritage des grands hommes tels que Thomas Sankara, Aimé Césaire, Cheikh Anta Diop, Léopold Sédar Senghor, Kwame Nkrumah, Nelson Mandela, et Patrice Lumumba.

📸 Fasky Ras

Le spectacle, inspiré par les voix de ces illustres figures qui se sont élevées contre l’oppression et la discrimination, vise à remémorer leurs luttes et à les faire résonner dans notre monde contemporain. « Les Ombres qui chantent » interroge notre relation avec ces hommes et explore la manière dont leurs idées influencent encore les débats actuels.


La Palmier de Hortence N’DA Eloi de la Côte d’Ivoire

Durée : 20 mn

Production : Compagnie PARA-L’ELLES

« Le Palmier » est un périple émotionnel orchestré par la danseuse Hortence N’DA Eloi de la Compagnie PARA-L’ELLES, basé sur une immersion poétique dans le parcours symbolique du palmier. Imprégnée des influences chorégraphiques ivoirienne, l’artiste puise dans ses expériences personnelles pour exprimer avec élégance des moments difficiles. Dans la métaphore du palmier, elle conçoit en mouvements de danse la vie, la mort et la renaissance.

Ce solo naît de la rencontre avec la maladie. Loin de l’esthétique formatée, il incarne l’esthétique d’un corps en mouvement qui s’appuie sur des mouvements traditionnels. Le spectacle représente une déconstruction de la matière chorégraphique visant à acquérir une autre forme de matière pour aboutir à une phrase chorégraphique. Cette démarche chorégraphique est revendiquée par la chorégraphe.

Conçue comme une œuvre chorégraphique engagée, Hortence N’DA Eloi met à contribution la danse, la voix et la musique en mettant l’accent sur les difficultés, le tout orchestré par la musique ou un vide, mais un vide qui parle et qui l’emmène à accentuer les mouvements qu’elle estime expressifs, car ils sont de nature à être fluides, ondulatoires et parfois même saccadés.

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Au-delà d’une apparence de Roger SARR du Sénégal

Durée : 35 mn

Année de création : 2019

Le solo de danse, intitulé « Au-delà d’une apparence », explore les questionnements profonds de l’identité, de la culture, et de la place du danseur dans la société. Le protagoniste se demande s’il est un opprimé ou un actionnaire, s’il suit la meute ou s’il est un révolté, et ce qu’il représente au-delà des couleurs de sa peau.

À travers une confrontation entre sa culture et sa vie, le danseur hip-hop, souvent étiqueté comme « non danseur » dans le contexte de la danse traditionnelle, cherche à dépasser les stéréotypes. Il exprime sa volonté de s’imposer dans le monde de la danse en adoptant une approche holistique qui intègre le hip-hop, le contemporain, le classique et le traditionnel. Le danseur souhaite être un avocat de sa danse, un défenseur de la liberté d’expression à travers le mouvement.

En défendant sa base hip-hop, le danseur affirme que cette forme d’expression transcende les frontières, dénonce les injustices, et devient le langage universel de la société et de ses contradictions. Le spectacle se termine par une transformation visuelle, symbolisant la métamorphose du danseur et la disparition de la lumière, laissant place à la réflexion sur le gage de réussite « Au-delà d’une apparence ».

Sinais Pariculares de Mai-Júli Machado du Mozambique

« Sinais Particulares » est une expression en portugais qui se traduit en français par « Signes Particuliers ».

Ce spectacle est une exploration profonde des générateurs de vies humaines, des défenseurs des fondements sexistes basés sur l’incrédulité et les croyances dissimulées dans la spiritualité et l’obscurantisme. Fantasmés et admis comme un héritage incontestable, ces éléments se transmettent de génération en génération de manière hiérarchique.

Le spectacle aborde la normalisation de la perte totale ou partielle de l’essence biologique et reproductive à l’apogée de l’âge, sans remords et sans anesthésie. Il explore la condition d’êtres vivants privés du plaisir psychologique, physique et émotionnel, condamnés à une esclavage éternel à leur propre plaisir imaginable sans expérience vécue.

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Wolwou’goh de Fall Kadher du Cameroun

Durée : 30 mn

Le spectacle « Wolwou’goh » puise son inspiration dans le dialecte foulbé du Nord Cameroun, où ce terme signifie « Exprime-Toi ! » À mesure que le temps s’écoule, l’individu se sent de plus en plus enchaîné, incapable de s’exprimer face aux défis que la vie lui impose au quotidien. Les frustrations accumulées dans sa conscience influent sur ses actions, et la quête de liberté devient le moteur de son engagement. La pièce raconte les batailles psychologiques incessantes d’un homme solitaire, emprisonné dans une toile d’araignée symbolique, représentant son état interne. Fatigué de sa condition, il tente de trouver la paix par l’énergie du désespoir.

L’artiste, Fall Kadher, exprime à travers sa danse hybride, qui fusionne danses urbaines, performances traditionnelles et danses contemporaines, son désir de changer les choses, de partager les difficultés de trouver sa voix et de s’exprimer pleinement. « Wolwou’goh » incarne une résistance artistique et propose une réflexion sur la façon dont la frustration peut s’exprimer dans une société humaniste.

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The TIME MACHINE “Crutching Through Time” de Tebandeke Joseph  de l’Ouganda

Durée : 50 mn

𝐉𝐨𝐬𝐞𝐩𝐡 𝐓𝐞𝐛𝐚𝐧𝐝𝐞𝐤𝐞 Prix Fienta/ ADH | Africa Simply The Best 2023

« The Time Machine « Crutching Through Time » est une performance de danse révolutionnaire qui explore les liens profonds entre le corps humain et les objets qui nous entourent. Présentée pour la première fois au Body Moves Festival en Afrique du Sud, le spectacle met en scène Joseph Tebandeke, un chorégraphe et danseur exceptionnel, dont la maîtrise des béquilles transcende les limites de la mobilité.

Joseph, né en Ouganda et confronté à la polio dans son enfance, transforme son expérience en une puissante expression artistique. « Crutching Through Time » défie les perceptions conventionnelles des béquilles en les intégrant à une danse aérienne, suggérant une nouvelle vision de la vie parfaite et du corps idéal.

À travers « The Time Machine, » Joseph Tebandeke aspire à promouvoir l’assurance et la confiance en soi, encourageant une réflexion sur la dépendance aux biens matériels.

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VOIX D’ELLE de Lou Véronique du Niger

Durée : 30 mn

À travers son solo chorégraphique , « VOIX D’ELLE, » Lou Véronique offre un plaidoyer artistique poignant contre les violences infligées aux femmes. Ce cri du cœur explore les violences psychologiques et physiques, dénonçant la souffrance cachée derrière le silence imposé. Lou Véronique incarne la dualité de la féminité, mêlant douceur et force, symbolisant la lutte et la résilience.

Des éléments scéniques évocateurs, tels que des sous-vêtements féminins dispersés, représentent la vulnérabilité et la solidarité. Des pauses significatives honorent les victimes de féminicides, créant des moments de réflexion émotionnelle. « VOIX D’ELLE » va au-delà de la performance artistique. Lou Véronique donne une voix puissante aux femmes victimes, soulignant que l’art peut être une force de guérison et d’émancipation.


La Quatrième de Koffi-Kegou Afiadegnigban du Togo

Durée : 25 mn

Dans « La Quatrième, » Koffi-Kegou Afiadegnigban offre une plongée intime au cœur de son histoire familiale, lui qui est issu d’une famille polygame composée de cinq femmes et vingt-trois enfants. À travers ce solo, il explore les dynamiques complexes de la polygamie, exposant des thèmes tels que la jalousie, la rivalité, la convoitise, la rancune et la haine. Cette performance intimiste sert de rituel d’exorcisme, permettant à l’artiste de se libérer de ses démons passés et de devenir le porte-voix de tous les enfants nés dans des familles polygames.

𝐊𝐎𝐅𝐅𝐈-𝐊𝐞𝐠𝐨𝐮 𝐀𝐅𝐈𝐀𝐃𝐄𝐆𝐍𝐈𝐆𝐁𝐀𝐍 remporte le Acogny d’OR 2023

Koffi-Kegou Afiadegnigban, danseur-interprète togolais qui décroche cette année le trophée ACOGNY d’OR, a commencé son parcours dans la danse traditionnelle togolaise en intégrant la compagnie Amenouveve en 2009. Son insatiable curiosité l’a conduit à diverses formations en danse traditionnelle et contemporaine, et en 2018, il s’installe à Ouagadougou, Burkina Faso, pour intensifier sa formation en danse contemporaine. Il a collaboré avec des chorégraphes renommés tels que Salia Sanou, Séydou Boro, Kossivi Sénagbé Afiadegnigban, et d’autres.

L’art du Conte : une tradition toujours vivante au Burkina Faso grâce à KPG

L’art du Conte : une tradition toujours vivante au Burkina Faso grâce à KPG

Il réveille l’art du conte africain. Le conteur KPG nous rend visite depuis le Burkina Faso. Il nous parle de son nouveau spectacle « Ragandé! Ne dors pas! », de ses projets pour faire perdurer les traditions auprès des jeunes générations et de l’importance de la transmission des valeurs. 

source France 24

Par :Valériane GAUTHIER