Des histoires de poulets, d’un lièvre et d’une hache, KPG , l’oralité ne meurt pas

Des histoires de poulets, d’un lièvre et d’une hache, KPG , l’oralité ne meurt pas

KPG, Il suffisait d’un rien pour que l’homme ne s’appelât KGB. Pour les plus jeunes, ou ceux qui ne sont pas accros aux premiers James Bond, le KGB était cet organe soviétique dont la mission de surveillance et d’élimination des opposants était redoutée aux quatre coins de la planète.

KPG, lui, n’a rien d’un tortionnaire et ne joue pas avec un micro caché. Le sien est bien évidence, devant lui, captant le son de sa kora et de sa voix conteuse. Il donne l’impression d’improviser, de raconter « comme ça vient » des histoires de son Burkina et de cette zone sahélienne dont on n’entend parler que pour en compter les drames. KBG est léger, un brin mystique, souriant. Jouant la complicité avec le public, KPG l’amène à répéter des mots, des refrains dont personne ne comprend la teneur ! Il a un côté gourou. Il demande et il est obéi. Chapeau l’artiste. La Force du griot est en lui. D’une voix sablonneuse et enrobante il pose la clef du succès, « Pour qu’il y ait parole il faut des oreilles qui écoutent ». Puis, il cite Bouddha, Socrate, Platon, Jésus-Christ puis Joseph Ki-Zerbo, Thomas Sankara, le Peuple du Burkina Faso puis, en toute modestie facétieuse, lui-même.

Sans trembler, KPG inscrit ses récits de la vie quotidienne, mettant en scène les petits travers des uns et des autres dans la lignée des penseurs universels. « Un jeune qui quitte son village sait plus qu’un vieux qui reste 100 ans au village ». Et toc, un petit coup de sabot au lieu commun autour de la sagesse des Anciens ! « Trop de liberté conduit l’oiseau à l’oiseleur », et re-toc, un message subliminal à ceux qui oublient que la démocratie est un combat de chaque jour. « On apprend à parler avant d’apprendre à se taire », assène-t-il avec un zeste de regrets…Tant de bouches déversent des banalités en ce monde de réseaux.

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Au Burkina Faso, le conteur KPG réinvente l’art du conte sur les réseaux sociaux.

Au Burkina Faso, le conteur KPG réinvente l’art du conte sur les réseaux sociaux.

Depuis son domicile où il était confiné, le conteur burkinabè Kientega Pingdéwende Gérard, alias KPG, a offert à son public un spectacle quotidien en direct sur Facebook pendant près de deux mois, mêlant art oratoire et musique traditionnelle.

Ce rendez-vous pour oublier les soucis, a fait la part belle au rêve et à l’imagination. Comme l’indique KPG à la BBC News Afrique, un des objectifs était de « profiter de (…) ces moments de conte pour voyager dans l’imaginaire et oublier les problèmes que nous vivons aujourd’hui ». KPG a ainsi choisi de ne pas raconter d’histoire en lien avec l’actualité, même s’il ne manquait pas de se laver les mains pour rappeler les gestes barrières contre le coronavirus avant d’entrer dans le décor aménagé dans son jardin. Les internautes ont participé activement à ces rencontres en proposant une fin à l’histoire ou en lui trouvant une morale

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