Festival Salon Musique 2024, l’acte 7 de l’événement débute cette semaine.

Festival Salon Musique 2024, l’acte 7 de l’événement débute cette semaine.


Imaginez-vous dans votre jardin, cour ou salon, au crépuscule ou pendant la nuit, les lumières tamisées. Une mélodie s’élève dans l’air, attirant l’attention de vos voisins sans les importuner. Rapidement, les instruments se mêlent, transformant votre espace intime en un lieu de festivités. Voici l’essence même du Festival Salon Musique. Né en 2018, cet événement musical pourrait devenir le Festival d’Avignon de la musique, et il se déroule à Ouagadougou, au Burkina Faso. Il est le fruit de la vision audacieuse de Patrick Kabré, un artiste musicien mi-révolutionnaire, mi-excentrique, qui repousse les limites pour apporter des réponses courageuses à la crise sécuritaire secouant le Burkina Faso depuis 2015.

Installation du Festival SALON MUSIQUE en 2020 dans un quartier

Le Festival Salon Musique transcende les conventions et les convenances. Le concept est simple : aller directement à la rencontre du public dans ses espaces intimes. Salons, jardins, quartiers huppés ou populaires deviennent les scènes de ce festival, où musiciens, chanteurs, conteurs et danseurs croisent leurs talents pour une soirée festive. C’est à la fois fou, ambitieux, courageux et évident… Le public ne vient plus aux concerts live, alors déplaçons les concerts chez le public. À sa création, l’idée du Salon Musique est de défier la peur post-attentats, de devenir un acteur clé de la résilience citoyenne. L’objectif ? Restaurer l’âme culturelle du Burkina Faso en proposant des alternatives aux lieux de rassemblement traditionnels.

Depuis ses débuts, le Festival Salon Musique a changé la dynamique entre le public et les événements culturels. Alors que la fréquentation des lieux traditionnels diminuait, cet événement itinérant a réanimé l’esprit festif et culturel. Les artistes, par leur présence dans les espaces privés, établissent une connexion plus intime avec le public, brisant les barrières des lieux formels.

La vision du festival va au-delà de simples prestations artistiques. Durant les concerts de Salon Musique, le public n’est pas un simple spectateur, mais un participant actif dans la création d’une atmosphère culturelle significative. En se déplaçant à travers divers quartiers et espaces, le Festival Salon Musique devient un catalyseur pour l’inclusion culturelle et le partage entre communautés. Il s’inscrit pleinement dans une démarche de renouveau culturel, apportant une bouffée d’air frais dans un contexte où les formes traditionnelles de divertissement peinent à attirer le public.

« Ça Va Aller ! », la 7ème Édition et ses Invités

En ce mois de janvier 2024, le Festival Salon Musique se lance avec optimisme, portant l’espoir du thème « Ça Va Aller ! ». Cette expression couramment utilisée au quotidien n’est pas simplement pour rendre la vie supportable, mais aussi parce que la construction commune d’un cercle d’espoir est essentielle pour affronter la crise que traverse le pays. En collaboration avec Diacfa et Labis, le comité d’organisation a concocté un programme exceptionnel.

Le concert d’ouverture, prévu le 13 janvier à l’Hôtel Ricardo, promet une soirée exceptionnelle avec la présence de Smockey, une figure emblématique du Rap africain. Artiste activiste burkinabè, il a marqué la scène musicale depuis ses début il ya plus de 23 ans avec ses œuvres politiquement engagées, son label Abazon propulsant des talents underground, et son engagement dans des mouvements citoyens tels que le Balai Citoyen. Smockey va au-delà du simple statut d’artiste, devenant un véritable porte-étendard de la voix citoyenne. Cette personnalité influente a laissé une empreinte mémorable avec des albums tels que « Épitaphe », “Votez pour moi” et « PRE’VOLUTION ».

Le couple ATT et Awa SISSAO

Le Festival Salon Musique offre une diversité de styles musicaux et plus encore. Après le concert de Rap du 13 janvier, un concert mandingue au Restaurant l’Atelier le 18 janvier mettra en vedette le couple ATT et Sissao. Deux artistes aux parcours exceptionnels, figures importantes d’une nouvelle génération mandingue burkinabè. Elle, Sissao, championne des droits des femmes et ambassadrice de l’autonomisation économique des femmes, a réussi à marier musique et activisme social. Ses albums « Destin » et « Benkandi » témoignent de son engagement envers la cause féminine. Lui, ATT, l’Artiste Tout Terrain, incarne la richesse de la musique mandingue. Issu d’une famille de griots, il a élargi les horizons de la musique mandingue en fusionnant des influences blues, jazz et rock, créant ainsi ce qu’il nomme avec fierté l’afro-mandingue. Mariés depuis quelques années, Sissao et ATT parcourent les scènes, leurs voix et leur complicité ajoutent une saveur particulière aux soirées et cérémonies à travers tout le pays.

Le festival ne se limite pas à la musique, il également la scène à l’artiste Thomas Combary. Son spectacle « Walaiii » au Labis Ouaga le 20 janvier, suivi d’une scène ouverte, présente un texte du dramaturge et comédien NOYELLE Pascal, mis en scène par SIE Palenfo.

Africa Simply The Best, voici le palmarès 2023  !

Africa Simply The Best, voici le palmarès 2023 !

Du 16 au 19 décembre s’est tenue la 5ème édition de « Africa Simply The Best  » à Bobo Dioulasso. Initié par le chorégraphe Serge Aimé Coulibaly, ce concours de danse est devenu incontournable pour les jeunes chorégraphes africains depuis 2015. Ils y participent avec leurs solos uniques, dans l’espoir de décrocher le Graal : un prix qui ouvre les portes de l’internationale grâce à un accompagnement pour la construction d’une tournée.

Pour l’édition 2023, 14 artistes venant de 11 pays ont été sélectionnés pour la phase finale à Bobo-Dioulasso :

▪ Kaboré Kevin Charlemangne, Effet Miroir, Burkina Faso

▪Kaboré Wendinmi Jerôme, Les ombres qui chantent, Burkina

▪Zoundi B. Abdoul Aziz, Chute Perpétuelle, Burkina Faso

▪Fall Kadher Rashad Bechir, Wolwou’goh, Cameroun

▪Moussi Simon Brice, All one, Cameroun

▪N’da Eloi Hortense, Le palmier, Côte D’Ivoire

▪Amany Atef, Bluebottle, Égypte

▪Tiemanta Kadidja, Banbali 100 fin, Mali

▪Nhápulo Mai-Júli Machado, Sinais particulares, Mozambique

▪Olukitibi Oluwabukunmi, ÌRíRì, Nigéria

▪Lou Djehinan Véronique, Voix d’elle, Niger

▪Tebandeke Joseph, Time Machine, Ouganda

▪Sarr Roger, Au-delà d’une apparence, Sénégal

▪Afiadegnigban Koffi-Kégou, La quatrième, Togo

Le Palmares de l’édition 2023

Au terme de cette compétition, le jury a désigné les 3 lauréats du trophée Acogny :

Trois prix spéciaux ont été attribué à

Retour sur les solos qui était en compétition cette année à travers leurs présentations

« Les Ombres qui chantent » par Jérôme Kaboré du Burkina Faso

  • Durée : 35 minutes
  • Années : 2021-2022

« Les Ombres qui chantent » est un solo chorégraphié et interprété par Jérôme Kaboré du Burkina Faso, de la Compagnie WENDINMI, sous la direction artistique d’Olivier Mansard. Il s’agit d’une réflexion profonde sur l’héritage des grands hommes tels que Thomas Sankara, Aimé Césaire, Cheikh Anta Diop, Léopold Sédar Senghor, Kwame Nkrumah, Nelson Mandela, et Patrice Lumumba.

📸 Fasky Ras

Le spectacle, inspiré par les voix de ces illustres figures qui se sont élevées contre l’oppression et la discrimination, vise à remémorer leurs luttes et à les faire résonner dans notre monde contemporain. « Les Ombres qui chantent » interroge notre relation avec ces hommes et explore la manière dont leurs idées influencent encore les débats actuels.


La Palmier de Hortence N’DA Eloi de la Côte d’Ivoire

Durée : 20 mn

Production : Compagnie PARA-L’ELLES

« Le Palmier » est un périple émotionnel orchestré par la danseuse Hortence N’DA Eloi de la Compagnie PARA-L’ELLES, basé sur une immersion poétique dans le parcours symbolique du palmier. Imprégnée des influences chorégraphiques ivoirienne, l’artiste puise dans ses expériences personnelles pour exprimer avec élégance des moments difficiles. Dans la métaphore du palmier, elle conçoit en mouvements de danse la vie, la mort et la renaissance.

Ce solo naît de la rencontre avec la maladie. Loin de l’esthétique formatée, il incarne l’esthétique d’un corps en mouvement qui s’appuie sur des mouvements traditionnels. Le spectacle représente une déconstruction de la matière chorégraphique visant à acquérir une autre forme de matière pour aboutir à une phrase chorégraphique. Cette démarche chorégraphique est revendiquée par la chorégraphe.

Conçue comme une œuvre chorégraphique engagée, Hortence N’DA Eloi met à contribution la danse, la voix et la musique en mettant l’accent sur les difficultés, le tout orchestré par la musique ou un vide, mais un vide qui parle et qui l’emmène à accentuer les mouvements qu’elle estime expressifs, car ils sont de nature à être fluides, ondulatoires et parfois même saccadés.

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Au-delà d’une apparence de Roger SARR du Sénégal

Durée : 35 mn

Année de création : 2019

Le solo de danse, intitulé « Au-delà d’une apparence », explore les questionnements profonds de l’identité, de la culture, et de la place du danseur dans la société. Le protagoniste se demande s’il est un opprimé ou un actionnaire, s’il suit la meute ou s’il est un révolté, et ce qu’il représente au-delà des couleurs de sa peau.

À travers une confrontation entre sa culture et sa vie, le danseur hip-hop, souvent étiqueté comme « non danseur » dans le contexte de la danse traditionnelle, cherche à dépasser les stéréotypes. Il exprime sa volonté de s’imposer dans le monde de la danse en adoptant une approche holistique qui intègre le hip-hop, le contemporain, le classique et le traditionnel. Le danseur souhaite être un avocat de sa danse, un défenseur de la liberté d’expression à travers le mouvement.

En défendant sa base hip-hop, le danseur affirme que cette forme d’expression transcende les frontières, dénonce les injustices, et devient le langage universel de la société et de ses contradictions. Le spectacle se termine par une transformation visuelle, symbolisant la métamorphose du danseur et la disparition de la lumière, laissant place à la réflexion sur le gage de réussite « Au-delà d’une apparence ».

Sinais Pariculares de Mai-Júli Machado du Mozambique

« Sinais Particulares » est une expression en portugais qui se traduit en français par « Signes Particuliers ».

Ce spectacle est une exploration profonde des générateurs de vies humaines, des défenseurs des fondements sexistes basés sur l’incrédulité et les croyances dissimulées dans la spiritualité et l’obscurantisme. Fantasmés et admis comme un héritage incontestable, ces éléments se transmettent de génération en génération de manière hiérarchique.

Le spectacle aborde la normalisation de la perte totale ou partielle de l’essence biologique et reproductive à l’apogée de l’âge, sans remords et sans anesthésie. Il explore la condition d’êtres vivants privés du plaisir psychologique, physique et émotionnel, condamnés à une esclavage éternel à leur propre plaisir imaginable sans expérience vécue.

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Wolwou’goh de Fall Kadher du Cameroun

Durée : 30 mn

Le spectacle « Wolwou’goh » puise son inspiration dans le dialecte foulbé du Nord Cameroun, où ce terme signifie « Exprime-Toi ! » À mesure que le temps s’écoule, l’individu se sent de plus en plus enchaîné, incapable de s’exprimer face aux défis que la vie lui impose au quotidien. Les frustrations accumulées dans sa conscience influent sur ses actions, et la quête de liberté devient le moteur de son engagement. La pièce raconte les batailles psychologiques incessantes d’un homme solitaire, emprisonné dans une toile d’araignée symbolique, représentant son état interne. Fatigué de sa condition, il tente de trouver la paix par l’énergie du désespoir.

L’artiste, Fall Kadher, exprime à travers sa danse hybride, qui fusionne danses urbaines, performances traditionnelles et danses contemporaines, son désir de changer les choses, de partager les difficultés de trouver sa voix et de s’exprimer pleinement. « Wolwou’goh » incarne une résistance artistique et propose une réflexion sur la façon dont la frustration peut s’exprimer dans une société humaniste.

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The TIME MACHINE “Crutching Through Time” de Tebandeke Joseph  de l’Ouganda

Durée : 50 mn

𝐉𝐨𝐬𝐞𝐩𝐡 𝐓𝐞𝐛𝐚𝐧𝐝𝐞𝐤𝐞 Prix Fienta/ ADH | Africa Simply The Best 2023

« The Time Machine « Crutching Through Time » est une performance de danse révolutionnaire qui explore les liens profonds entre le corps humain et les objets qui nous entourent. Présentée pour la première fois au Body Moves Festival en Afrique du Sud, le spectacle met en scène Joseph Tebandeke, un chorégraphe et danseur exceptionnel, dont la maîtrise des béquilles transcende les limites de la mobilité.

Joseph, né en Ouganda et confronté à la polio dans son enfance, transforme son expérience en une puissante expression artistique. « Crutching Through Time » défie les perceptions conventionnelles des béquilles en les intégrant à une danse aérienne, suggérant une nouvelle vision de la vie parfaite et du corps idéal.

À travers « The Time Machine, » Joseph Tebandeke aspire à promouvoir l’assurance et la confiance en soi, encourageant une réflexion sur la dépendance aux biens matériels.

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VOIX D’ELLE de Lou Véronique du Niger

Durée : 30 mn

À travers son solo chorégraphique , « VOIX D’ELLE, » Lou Véronique offre un plaidoyer artistique poignant contre les violences infligées aux femmes. Ce cri du cœur explore les violences psychologiques et physiques, dénonçant la souffrance cachée derrière le silence imposé. Lou Véronique incarne la dualité de la féminité, mêlant douceur et force, symbolisant la lutte et la résilience.

Des éléments scéniques évocateurs, tels que des sous-vêtements féminins dispersés, représentent la vulnérabilité et la solidarité. Des pauses significatives honorent les victimes de féminicides, créant des moments de réflexion émotionnelle. « VOIX D’ELLE » va au-delà de la performance artistique. Lou Véronique donne une voix puissante aux femmes victimes, soulignant que l’art peut être une force de guérison et d’émancipation.


La Quatrième de Koffi-Kegou Afiadegnigban du Togo

Durée : 25 mn

Dans « La Quatrième, » Koffi-Kegou Afiadegnigban offre une plongée intime au cœur de son histoire familiale, lui qui est issu d’une famille polygame composée de cinq femmes et vingt-trois enfants. À travers ce solo, il explore les dynamiques complexes de la polygamie, exposant des thèmes tels que la jalousie, la rivalité, la convoitise, la rancune et la haine. Cette performance intimiste sert de rituel d’exorcisme, permettant à l’artiste de se libérer de ses démons passés et de devenir le porte-voix de tous les enfants nés dans des familles polygames.

𝐊𝐎𝐅𝐅𝐈-𝐊𝐞𝐠𝐨𝐮 𝐀𝐅𝐈𝐀𝐃𝐄𝐆𝐍𝐈𝐆𝐁𝐀𝐍 remporte le Acogny d’OR 2023

Koffi-Kegou Afiadegnigban, danseur-interprète togolais qui décroche cette année le trophée ACOGNY d’OR, a commencé son parcours dans la danse traditionnelle togolaise en intégrant la compagnie Amenouveve en 2009. Son insatiable curiosité l’a conduit à diverses formations en danse traditionnelle et contemporaine, et en 2018, il s’installe à Ouagadougou, Burkina Faso, pour intensifier sa formation en danse contemporaine. Il a collaboré avec des chorégraphes renommés tels que Salia Sanou, Séydou Boro, Kossivi Sénagbé Afiadegnigban, et d’autres.

Letondo de Pamela Badjogo : Un nouveau clip qui tease un nouvel album

Letondo de Pamela Badjogo : Un nouveau clip qui tease un nouvel album

Avec le clip « Letondo », Pamela Badjogo annonce la sortie d’un nouvel album prévu pour 2024. Le single a été dévoilé au public le 17 novembre 2023, affirmant davantage la position de l’artiste en tant que grande voix du continent africain. Dans ce projet, elle a confié la direction musicale au virtuose ghanéen Kwame Yeboah. « Letondo » est désormais disponible sur toutes les plateformes de streaming.

Tout au long de l’année 2023, Pamela Badjogo a mené le projet audacieux consistant à revisiter toutes les chansons de son deuxième album, « Kaba« , à travers des collaborations de remix avec des DJs et rappeuses de divers pays. Cette initiative a insufflé une nouvelle énergie à l’album, lui donnant une seconde vie et ouvrant la voie à un prochain album prévu pour 2024.

« Letondo »: Une Ode à la Résilience pour annoncer l’album « YIEH » 

 L’album « YIEH” est annoncé pour le 26 janvier 2024 sous le label Raphia. Le clip « Letondo », réalisé par Citizen Jif, se déroule dans un univers visuel intriguant, empreint de symboles issus des rituels Bantu. L’utilisation de l’huile de palme et la plongée dans l’eau, symboles de purification et de régénération, reflètent la résilience et la renaissance personnelle de Badjogo. Nous somme dans l’inénarrable moment du deuil où la transition est un passage de la douleur au renouveau de la vie.

Musicalement, « Letondo » explore des sonorités bwiti, pygmées et mandingues qui se mêlent aux courants modernes afrobeats et new-highlife, offrant une célébration authentique de la richesse culturelle africaine à la manière de Pamela Badjogo.

Avec ce premier single, débute un voyage vers la découverte de l’album « YIEH », dont la réalisation artistique de Kwame Yeboah promet une fusion unique de soul, afrobeats, jazz et nu-highlife. Comme dans les eaux de Letondo, il se pourrait donc que ce soit une plongée dans les racines des traditions gabonaises, avec des vagues insaisissables de sonorités contemporaines d’Afrique de l’Ouest.

Tous les clips de Pamela Badjogo ici :

Pamela Badjogo : Parcours, Engagement et Activisme  

Née en 1982 à Libreville, Pamela Badjogo a débuté sa carrière comme choriste aux côtés d’artistes renommés tels que Salif Keïta, Oumou Sangaré, Matthieu Chedid, Tiken Jah Fakoly et Danakil. Sa carrière solo a commencé en 2015 avec un premier l’album intitulé « Mes Couleurs » sorti en 2016. Elle s’installe en France à parti de 2018, et lance le projet Kaba, son 2ème album enregistré entre Bamako, Accra, Berlin et Paris, qui voit le jour en 2021.

Au-delà de son parcours artistique, Pamela Badjogo est une femme engagée activement dans des causes sociales. En tant que co-fondatrice de l’ONG Moussoyayé Kobayé, elle combat les violences basées sur le genre. Ambassadrice de « Fées – ministres », elle soutient les femmes engagées dans des actions judiciaires contre les agressions domestiques, en France. En qualité de marraine de l’école Karama, elle participe activement aux activités qui sont menées pour la collecter de fonds en faveur de la scolarisation des filles au Mali.

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SITHO-VITRO 2023 : L’édition de la résilience

SITHO-VITRO 2023 : L’édition de la résilience

Le Salon international du tourisme et de l’hôtellerie de Ouagadougou (SITHO) et la Vitrine internationale du tourisme, de l’Hôtellerie et de la restauration de Ouagadougou (VITHRO) ont été fusionnés pour l’édition 2023. L’organisation couplée des deux évènements, du 26 au 29 octobre a été placée sous le thème : « promotion du tourisme interne, facteur de résilience ».

Ambiance morose, parking quasi-vide. C’est le constat fait ce dimanche 29 octobre 2023 dans l’enceinte du SIAO où se tient conjointement depuis le 26 octobre le Salon international du tourisme et de l’hôtellerie de Ouagadougou (SITHO) et la Vitrine internationale du tourisme, de l’Hôtellerie et de la restauration de Ouagadougou (VITHRO).   La plupart des exposants sont situés au pavillon arc-en-ciel. 

Au dernier jour de cet événement, l’intérieur de la salle d’exposition ne grouille pas de monde. Quelques stands d’exposition attendent toujours des exposants tandis que les exposants présents attendent également les visiteurs.

Des stands qui attendent toujours des exposants

« Vraiment ça ne va pas », confie Hyacinthe Guy Wibga, un exposant d’objet d’art, venu du Plateau Central. Ses ventes journalières ne lui suffisent pas d’assurer ne serait-ce que le prix du carburant, déplore-t-il.

De son avis, la situation nationale marquée par la crise sécuritaire est la principale cause de cette morosité. « l’argent ne circule plus dans le pays », ce qui fait que les populations ne peuvent plus s’offrir des objets d’art, poursuit l’exposant.

Le calendrier des deux événements coïncidant avec la tenue d’autres manifestations culturelles à travers la ville est une autre raison de la faible affluence selon M. Wibga. « Regardez, le nombre de festivals à Ouaga cette semaine. C’est beaucoup », note-il.  Autre stand, même constat mais autre explication. Donald Tondomba, lui propose du miel dans son stand d’exposition. « Depuis qu’on est là, il n’y a pas beaucoup de clients, et même le peu de visiteurs qui arrivent sont beaucoup intéressés par les objets venus du Niger », déclare-t-il. 

Une vue de l’espace réservé à la restauration

M. Tondomba dit avoir l’impression que la grande partie des visiteurs sont venus de l’étranger, les nationaux se faisant rare sur le site d’exposition.  Il estime notamment que la communication autour des deux évènements n’a pas été à la hauteur. « Moi-même ce n’est que la semaine dernière que j’ai pris connaissance de la tenue de cet évènement », confie-t-il. 

Malgré tout, il salue la tenue de ces salons, « même si on n’a pas les recettes auxquelles on s’attendait » et suggère qu’il y ait une meilleure communication aux prochaines éditions.  Le problème de communication est évoqué également au niveau des stands de restauration. C’est l’une des raisons que donnent la restauratrice Isabelle Nikièma/Guéné à propos des bâtiments dédiés aux restaurateurs et qui demeurent quasi-vides.

Isabelle Nikièma/Guéné souhaite que pour l’édition prochaine, l’espace dédié à la restauration soit mieux visible

« L’information n’est pas vite passée », affirme-t-elleMme Nikiema souhaite, par ailleurs, qu’un meilleur emplacement leur soit réservé à l’édition prochaine. « Parce que nous sommes un peu cachés »soutient-elle.

Satisfaction malgré tout des visiteurs 

À la sortie du pavillon Arc-en-ciel, Ezéchias Lantry, professionnel de la communication tient un pot de fleur.  Venue prendre connaissance des différents stands et découvrir tout ce qui est artisanat, il dit avoir admiré l’ingéniosité des artisans. Mais, il déplore aussi la faible affluence autour de l’événement.  « Il y a tellement de belles choses dans les stands mais malheureusement avec peu de visiteurs. Et je sais que cela va jouer sur les rendements des exposants », laisse-t-il entendre. Comme raison de cette faible mobilisation, M. Lantry pointe la situation sécuritaire, responsable d’une manière ou d’une autre de la morosité économique. 

« La préoccupation du Burkinabè aujourd’hui, c’est comment manger et dormir sous un toit et se réveiller en bonne santé le lendemain », analyse-t-il.  

Autre visiteuse à ce SITHO-VITHRO, Fadilatou Ouédraogo dit avoir beaucoup apprécié l’exposition du parc Bangre weogo et la qualité des objets d’arts. Elle a aussi remarqué le faible nombre de visiteurs et donc d’acheteurs et lie également cet état de fait à la situation sécuritaire qui porte un coup au tourisme et à l’artisanat. Fadilatou Ouédraogo salue néanmoins la tenue de cet événement qui est certainement un message fort envoyé aux Burkinabè et aux étrangers pour dire que le tourisme burkinabè vit toujours, estime-t-elle.

C’est donc véritablement la note positive de la tenue de ces deux salons : montrer aux yeux du monde que le Burkina Faso est toujours fréquentable en dépit de la crise sécuritaire.                                                                  C’est aussi un signal fort envoyé aux braves artisans, hôteliers et au monde de la culture en général que l’Etat burkinabè porte son art et sa culture au cœur.

En plus des expositions, cette édition du SITHO et de la VITHRO, pour laquelle le Niger a été le pays invité d’honneur, a été ponctuée du 26 au 29 octobre par des spectacles de musique et des conférences.

Emmanuel GOUBA

APPEL A CANDIDATURE POUR LE FIMU 2024

APPEL A CANDIDATURE POUR LE FIMU 2024

Vous vous apprêtez à porter votre candidature pour le prochain Festival International de Musique Universitaire (FIMU) qui se tiendra du 16 au 19 mai 2024 à Belfort (France).
Avant toute démarche, nous vous remercions de bien vouloir prendre connaissance des conditions d’accueil de la manifestation :
Le Festival International de Musique Universitaire (FIMU) est organisé par la Ville de Belfort.
Il s’adresse à des musiciens amateurs ou en voie de professionnalisation. A ce titre, aucun cachet n’est versé aux groupes participant à la manifestation.
En revanche, le FIMU peut proposer une participation aux frais de déplacement (transport à la charge des groupes), ainsi qu’une prise en charge de l’hébergement et de la restauration en fonction de la provenance du groupe sélectionné et de la programmation.
La boutique du festival peut proposer à la vente les CD et / ou vinyles des groupes participant, afin de compléter le financement de leur venue.
Les groupes sélectionnés peuvent se produire plusieurs fois durant le week-end (durée maximum des concerts : 60 minutes).
Le FIMU fournit par ailleurs le backline (batteries, amplificateurs, instruments difficiles à transporter, etc.).
La sonorisation et l’éclairage sont gérés par des techniciens expérimentés, recrutés par le festival. Le FIMU n’accueille pas les techniciens des groupes.

Inscription à travers le formulaire suivant: https://bit.ly/CandidatureFIMU2024

Ami Yerewolo, la voix engagée du hip-hop malien, résonne dans la galaxie Netflix

Ami Yerewolo, la voix engagée du hip-hop malien, résonne dans la galaxie Netflix

Ami Yerewolo, de son vrai nom Aminata Dianoko, est une artiste malienne qui s’est fait remarquer dans le monde du hip-hop et de la musique engagée. Née en 1991 à Mahina, dans l’ouest du Mali, elle a rapidement gagné en notoriété grâce à ses textes percutants et son engagement féministe. Sa musique, teintée de sonorités hip-hop et trap dansante, résonne désormais dans les confins de l’espace grâce à la série animée américaine « Papa est un chasseur d’aliens ».

« Papa est un chasseur d’aliens » est une série d’animation en images de synthèse mêlant science-fiction, aventure et comédie. Elle a été créée par Everett Downing Jr. et Patrick Harpin spécialement pour Netflix. La série a été diffusée pour la première fois le 9 février 2023, avec la saison 2 disponible depuis le 17 août 2023.

La série nous plonge dans l’aventure spatiale de Lisa et Sean, une sœur et un frère inséparables qui découvrent que leur père est en réalité le chasseur de primes le plus redoutable de la galaxie. Entre extraterrestres hostiles, robots belliqueux et combats au sabre laser, leur vie tranquille bascule dans l’extraordinaire.

L’épisode 7 de la 2ème saison, nous sommes sur la planète Doloraam, où les enjeux sont élevés. Pam, l’un des personnages centraux de la saison, est bien décidée à s’emparer de la précieuse kalatite, un cristal unique en son genre qui pourrait révolutionner le Conglomérat (Les méchants de la série). Dans une scène qui se déroule au Palais du royaume, nous avons l’agréable surprise d’entendre la voix de Ami Yerowolo. C’est bien la chanson  « Je gère » d’Ami Yerewolo qui fait danser le palais, une touche de rythme et de poésie à cette aventure cosmique.

Le parcours d’Ami Yerewolo, à la fois rappeuse et activiste féministe, est un exemple de détermination. L’artiste a dû surmonter les préjugés et les obstacles pour s’imposer dans un univers musical malien encore largement dominé par les hommes. Son engagement en faveur des droits des femmes et sa voix puissante font d’elle une figure marquante du hip-hop africain.

La chanson « Je gère » de l’artiste malienne illustre parfaitement son message : elle dénonce les médisances, les propos déformés et les fake news qui peuvent briser les relations amicales, familiales ou amoureuses. Ami Yerewolo, en véritable gardienne des traditions et de l’information, veille à ce que les messages soient diffusés dans leur exactitude, sans déformation aucune. Cette démarche, dans un contexte familial conservateur, démontre son courage et sa détermination à faire entendre sa voix.

L’avenir du hip-hop africain s’écrit au féminin, et des artistes comme Ami Yerewolo contribuent à ouvrir la voie à une nouvelle génération d’artistes engagées et talentueuses. Sa musique, désormais associée à la série « Papa est un chasseur d’aliens » sur Netflix, apporte un message de résilience et de lutte contre les préjugés, où que l’on se trouve dans l’univers.