KPG, Il suffisait d’un rien pour que l’homme ne s’appelât KGB. Pour les plus jeunes, ou ceux qui ne sont pas accros aux premiers James Bond, le KGB était cet organe soviétique dont la mission de surveillance et d’élimination des opposants était redoutée aux quatre coins de la planète.

KPG, lui, n’a rien d’un tortionnaire et ne joue pas avec un micro caché. Le sien est bien évidence, devant lui, captant le son de sa kora et de sa voix conteuse. Il donne l’impression d’improviser, de raconter « comme ça vient » des histoires de son Burkina et de cette zone sahélienne dont on n’entend parler que pour en compter les drames. KBG est léger, un brin mystique, souriant. Jouant la complicité avec le public, KPG l’amène à répéter des mots, des refrains dont personne ne comprend la teneur ! Il a un côté gourou. Il demande et il est obéi. Chapeau l’artiste. La Force du griot est en lui. D’une voix sablonneuse et enrobante il pose la clef du succès, « Pour qu’il y ait parole il faut des oreilles qui écoutent ». Puis, il cite Bouddha, Socrate, Platon, Jésus-Christ puis Joseph Ki-Zerbo, Thomas Sankara, le Peuple du Burkina Faso puis, en toute modestie facétieuse, lui-même.

Sans trembler, KPG inscrit ses récits de la vie quotidienne, mettant en scène les petits travers des uns et des autres dans la lignée des penseurs universels. « Un jeune qui quitte son village sait plus qu’un vieux qui reste 100 ans au village ». Et toc, un petit coup de sabot au lieu commun autour de la sagesse des Anciens ! « Trop de liberté conduit l’oiseau à l’oiseleur », et re-toc, un message subliminal à ceux qui oublient que la démocratie est un combat de chaque jour. « On apprend à parler avant d’apprendre à se taire », assène-t-il avec un zeste de regrets…Tant de bouches déversent des banalités en ce monde de réseaux.

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